Comprendre les IPO

IPO : définition, fonctionnement et différences avec les autres cotations

Par Rémi de Truchis de Varennes6 min de lecture

Sommaire

Une IPO (Initial Public Offering, ou « offre publique initiale ») désigne la première mise en vente des actions d'une société auprès du public, à l'occasion de son entrée en Bourse. En français, on parle le plus souvent d'introduction en Bourse. Cet article vous donne une définition claire de l'IPO, explique la différence entre actions nouvelles et actions existantes, compare l'IPO aux autres façons d'arriver en Bourse (cotation directe, SPAC) et résume les étapes clés de l'opération.

IPO : quelle est la définition exacte ?

L'IPO est l'opération par laquelle une société dont le capital n'était pas coté propose pour la première fois ses actions à des investisseurs extérieurs, puis les fait admettre aux négociations sur un marché boursier. À l'issue de l'opération, n'importe quel investisseur peut acheter ou vendre ces actions en Bourse.

Trois éléments caractérisent une IPO :

  • Une première fois : la société n'était pas cotée auparavant sur ce marché.
  • Une offre de titres : des actions sont vendues à un prix déterminé (prix ferme ou fixé à l'issue d'une fourchette).
  • Une cotation : à l'issue de l'offre, les titres s'échangent librement sur un marché organisé, comme Euronext Paris ou Euronext Growth en France.

En France, une IPO avec offre au public nécessite la publication d'un prospectus approuvé par l'Autorité des marchés financiers (AMF). Ce document décrit la société, ses risques et les modalités de l'offre.

IPO et introduction en Bourse : y a-t-il une différence ?

Dans le langage courant, IPO et introduction en Bourse sont synonymes. Le terme anglais IPO s'est imposé dans les médias financiers et sur les plateformes de courtage, tandis que l'expression « introduction en Bourse » reste la plus utilisée dans les documents officiels français.

Une nuance existe toutefois. Au sens strict, l'IPO désigne l'offre de titres au public, alors que l'introduction en Bourse désigne plus largement l'admission à la cote. Une société peut ainsi être introduite en Bourse sans réaliser d'offre au public, par exemple via un placement réservé aux investisseurs institutionnels ou une cotation directe. Pour un investisseur particulier, la différence est rarement décisive : l'important est de savoir si l'opération comporte une offre à laquelle vous pouvez souscrire.

Pour une vision complète du processus, des acteurs et des risques, consultez notre guide complet de l'introduction en Bourse.

Actions nouvelles ou actions existantes : que vend-on lors d'une IPO ?

Les actions proposées lors d'une IPO peuvent provenir de deux sources, souvent combinées dans une même opération.

L'offre primaire : des actions nouvelles

Dans une offre primaire, la société émet des actions nouvelles par augmentation de capital. L'argent payé par les investisseurs entre dans la trésorerie de l'entreprise. Il sert à financer des projets : recherche, développement commercial, usines, acquisitions, remboursement de dettes. Les actionnaires existants voient leur pourcentage de détention diminuer (on parle de dilution), mais la société dispose de moyens supplémentaires.

L'offre secondaire : des actions cédées

Dans une offre secondaire, ce sont des actionnaires existants (fondateurs, fonds d'investissement, parfois l'État ou un groupe industriel) qui vendent une partie de leurs actions. L'argent va aux vendeurs, pas à la société. Le nombre total d'actions ne change pas.

Pourquoi cette distinction compte pour vous

Critère Actions nouvelles (primaire) Actions cédées (secondaire)
Qui reçoit l'argent ? La société Les actionnaires vendeurs
Effet sur le nombre d'actions Augmente Inchangé
Effet sur le capital existant Dilution Pas de dilution
Ce que cela signale Besoin de financement pour un projet Volonté de liquidité des vendeurs

Une IPO composée surtout d'actions cédées n'est pas forcément négative : un fonds d'investissement doit, par nature, vendre un jour ses participations. Mais il est utile de comprendre qui vend, pourquoi et pour quelle part. Nous approfondissons ce point dans actions nouvelles et actions cédées en IPO.

Quelle différence entre IPO, cotation directe et SPAC ?

L'IPO classique n'est pas la seule façon pour une société d'arriver en Bourse. Deux autres voies sont régulièrement évoquées.

La cotation directe (direct listing)

Dans une cotation directe, la société fait admettre ses actions existantes à la cote sans organiser d'offre préalable. Il n'y a ni fourchette de prix, ni bookbuilding, ni allocation. Le premier cours se forme directement sur le marché, à partir des ordres d'achat et de vente. Les actionnaires existants peuvent vendre leurs titres dès l'ouverture. Ce mode d'admission a été popularisé aux États-Unis, notamment par Spotify en 2018, et n'est adapté qu'aux sociétés déjà connues et qui n'ont pas besoin de lever des fonds au moment de la cotation.

Le SPAC

Un SPAC (Special Purpose Acquisition Company) est une société sans activité opérationnelle, qui s'introduit en Bourse pour lever des fonds dans le but d'acquérir ensuite une société non cotée. Lorsque l'acquisition (appelée « rapprochement » ou de-SPAC) est réalisée, la société cible se retrouve cotée sans avoir mené sa propre IPO. Les SPAC ont des règles spécifiques, notamment sur le placement des fonds levés en attente d'une acquisition et sur les droits des actionnaires, qui varient selon les marchés.

Tableau comparatif

IPO classique Cotation directe SPAC
Offre de titres avant cotation Oui Non Oui, mais par le SPAC lui-même
Levée de fonds pour la société cible Possible Non au moment de la cotation Via la fusion avec le SPAC
Fixation d'un prix d'offre Oui (fourchette ou prix ferme) Non, prix formé par le marché Prix d'offre du SPAC, puis valorisation négociée avec la cible
Accès des particuliers à l'offre Possible si offre au public Achat uniquement sur le marché Selon la structure du SPAC

Pour la plupart des sociétés européennes, et en particulier en France, l'IPO classique reste le mode d'introduction le plus courant.

Comment fonctionne une IPO en pratique ?

Une IPO suit un processus en plusieurs étapes, encadré par l'AMF et organisé par des banques introductrices :

  1. Préparation : la société choisit ses banques, prépare ses comptes et adapte sa gouvernance. Cette phase dure généralement plusieurs mois.
  2. Document d'enregistrement : la société publie un document détaillé sur son activité et ses risques, approuvé par l'AMF.
  3. Lancement de l'offre : publication de la note d'opération, qui complète le prospectus et fixe les modalités (fourchette de prix, nombre d'actions, calendrier).
  4. Période de souscription : les particuliers passent leurs ordres dans l'OPF et les institutionnels dans le placement global. Le fonctionnement de ces deux tranches est détaillé dans OPF et placement global.
  5. Fixation du prix : le prix définitif est déterminé à partir de la demande, selon le mécanisme décrit dans prix d'introduction et bookbuilding.
  6. Allocation : les actions sont réparties entre les investisseurs, avec une réduction possible des ordres en cas de forte demande.
  7. Règlement-livraison et première cotation : les titres sont inscrits sur les comptes, puis s'échangent librement en Bourse.

Si vous envisagez de souscrire, notre guide pour participer à une introduction en Bourse en tant que particulier détaille les démarches. Et pour repérer les IPO européennes à venir et lire une synthèse de leur prospectus, vous pouvez suivre le calendrier sur IPO Arena.

Questions fréquentes

Que veut dire IPO en Bourse ?

IPO signifie Initial Public Offering, soit « offre publique initiale » en français. Le terme désigne l'opération par laquelle une société propose pour la première fois ses actions au public avant d'être cotée en Bourse. En France, on parle le plus souvent d'introduction en Bourse.

Quelle est la différence entre une IPO et une augmentation de capital ?

Une augmentation de capital consiste à émettre des actions nouvelles, que la société soit cotée ou non. Une IPO peut inclure une augmentation de capital, mais elle se caractérise surtout par la première cotation des actions. Une société déjà cotée peut réaliser une augmentation de capital sans que ce soit une IPO.

Toutes les IPO sont-elles ouvertes aux particuliers ?

Non. Certaines introductions en Bourse sont réservées aux investisseurs institutionnels via un placement privé. Les particuliers ne peuvent souscrire que lorsque l'opération comporte une offre au public, comme l'OPF en France. Dans les autres cas, ils peuvent acheter des actions une fois la cotation commencée.

Une IPO est-elle un bon investissement ?

Il n'existe pas de réponse générale : certaines IPO progressent après leur cotation, d'autres baissent durablement. Chaque opération doit être analysée à partir du prospectus, de la valorisation proposée et de la structure de l'offre. Le risque de perte en capital existe toujours.